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Gazprom a décidé en 2012 de construire ce gazoduc de 4.000 kilomètres : Rosneft somme Gazprom de lui donner accès à son gazoduc vers le Pacifique

Le géant pétrolier public russe Rosneft s'en est pris récemment au groupe gazier Gazprom, qui refuse de lui ouvrir l'accès à son futur gazoduc vers l'Extrême Orient et la Chine, et menacé de s'en remettre à la justice pour trancher leur différend. La position de Gazprom contredit radicalement l'objectif de développement des régions de Sibérie et de l'Extrême Orient ainsi que la législation, a tempêté Rosneft dans un communiqué. Le groupe pétrolier, détenu à 60% par l'Etat, a prévenu qu'il défendrait sa position s'il le faut devant la justice. Gazprom a décidé fin 2012 de construire le gazoduc Force de Sibérie, d'une longueur totale de 4.000 kilomètres, afin de relier à partir de 2017 les gisements de Iakoutie, dans l'Extrême Orient, à la côte pacifique. Ce vaste projet doit permettre de relier le réseau de transport existant dans la partie européenne de la Russie et la Sibérie à l'Extrême-orient et la côte pacifique. Il doit alimenter le gazoduc qui livrera du gaz à la Chine à partir de 2018, en vertu du mégacontrat signé en mai, mais aussi l'usine de liquéfaction du gaz en projet à Vladivostok, afin d'exporter vers les pays asiatiques. Rosneft, devenu l'an dernier le premier producteur de pétrole coté en Bourse dans le monde, affiche désormais d'ambitieux objectifs dans le gaz et demande à pouvoir accéder au réseau de gazoducs de Gazprom.

Ce dernier s'oppose à cette idée. Son patron, M. Alexeï MILLER, l'a répété vendredi en affirmant que Force de Sibérie n'était prévu que pour les ressources de Gazprom. Gazprom, en tant que détenteur d'un monopole dans les infrastructures, doit garantir aux producteurs indépendants un accès aux réseaux de transport, a cependant estimé Rosneft. 40 milliards de m³ de gaz produit par les entreprises de Rosneft en Sibérie orientale et au moins autant par d'autres producteurs indépendants bénéficieront à l'économie des régions, donneront lumière, chaleur et énergie pour servir leur développement, a ajouté le groupe dirigé par M. Igor SETCHINE, un proche du président Vladimir Poutine. Le contentieux rappelle les difficultés de Gazprom en Europe, où Bruxelles tente de bloquer la construction de son gazoduc South Stream au motif qu'il ne répond pas à la législation de l'Union imposant la séparation des producteurs et des transporteurs de gaz. L'UE voudrait que le groupe russe ouvre ses gazoducs à ses concurrents, mais ce dernier répond qu'il est le seul à pouvoir les remplir et à pouvoir financer les gigantesques investissements nécessaires à leur construction.

Source :Baosem N°1081 du 08/07/2014

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