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Le projet de loi de transition énergétique prévoit un plafonnement de la capacité de production nucléaire à son niveau actuel : France : La fermeture de Fessenheim s’impose objectivement

EDF, contraint de fermer une centrale nucléaire d'ici fin 2016, devrait "objectivement" choisir Fessenheim notamment pour des raisons économiques, a estimé récemment M. Jean-Michel MALERBA, délégué interministériel à la fermeture de la centrale alsacienne. Sans citer le nom de la centrale alsacienne, le projet de loi de transition énergétique prévoit un plafonnement de la capacité de production nucléaire à son niveau actuel de 63 GW, ce qui obligera EDF à fermer une unité pour compenser la mise en service de l'EPR de Flamanville. "Fessenheim n'a pas la possibilité d'utiliser du combustible retraité, du Mox, que la France fabrique, alors que les centrales qui ont suivi peuvent le faire. De plus, elle est la première du genre et la plus mauvaise du parc électronucléaire du point de vue des performances économiques", a dit M. Jean-Michel MALERBA lors d'une conférence de presse à Strasbourg.

Contacté par Reuters, l'électricien français n'était pas en mesure de commenter dans l'immédiat. M. Jean-Michel MALERBA a en outre rappelé que la vallée du Rhin ne constituait pas "un site idéal" du fait d'un risque sismique. "Autant de raisons qui, objectivement, justifient la fermeture de la centrale de Fessenheim", a-t-il conclu. Les élus locaux, majoritairement opposés à la mise à l'arrêt de la centrale, doutent de la pertinence d'un choix qui intervient après que les deux réacteurs de 900 MW lancés en 1977 ont été déclarés bons pour dix années de plus par l'Autorité de sûreté nucléaire. "C'est complètement irrationnel, c'est une décision politique. Il y a sans doute d'autres centrales qui mériteraient d'être fermées avant Fessenheim puisqu'elle a été entièrement remise à niveau", a dit à Reuters Claude BRENDER, maire de la commune hôte de l'usine EDF. EDF devra annoncer son choix d'ici août 2015 et déposer un dossier de démantèlement dans les deux années qui suivent, soit avant août 2017, a rappelé M. Jean-Michel MALERBA. Le début du démantèlement de la centrale, un chantier de 500 millions d'euros déjà provisionnés dans les comptes d’EDF, pourrait débuter vers 2019 ou 2020, a-t-il dit.

La centrale de Fessenheim assure actuellement 1,5% la production d'électricité française et la moitié de la production alsacienne. La région, aujourd'hui excédentaire en électricité à hauteur de 132%, deviendrait déficitaire avec un taux de couverture de ses besoins de 66% assuré en grande partie par les barrages hydrauliques sur le Rhin. "L'Alsace ne manquera pas d'électricité si Fessenheim venait à fermer", a assuré M. Patrick BORTOLI, directeur de Réseau de transport d'électricité (RTE) Est, précisant que des importations compenseraient le déficit de production. L'importation de 4.000 gigawatts manquant par année ne devrait pas poser de problème, estime RTE, grâce au maillage de lignes à 400.000 volts qui relient l'Alsace aux régions voisines mais aussi à l’Allemagne et à la Suisse. RTE a prévu d'investir 50 millions d'euros pour renforcer le réseau en tenant compte de cette nouvelle donne.

Source :Baosem N°1084 du 20/07/2014

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