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GDF Suez va lancer une installation pilote dans quelques semaines: La France envisage de revoir son système d’odorisation du gaz

Dans quelques semaines, la filiale infrastructures de GDF Suez, GRTgaz, mettra en service un projet pilote d’un genre un peu particulier : une installation destinée à ajouter une odeur au gaz à l’entrée du réseau de distribution. La société, qui gère les gazoducs en France, va ainsi tester l’odorisation décentralisée du gaz. On le sait peu, mais le gaz naturel n’a pas d’odeur. Les effluves d’œuf pourri qui émanent parfois de nos cuisinières sont artificiels, destinés à prévenir les accidents en cas de fuite. La France est cependant (avec l’Espagne) l’un des rares pays européens qui procèdent à l’odorisation du gaz à l’entrée du territoire, sur le réseau de gazoducs. La plupart des autres pays ajoutent son odeur au gaz seulement sur le réseau de distribution, c’est-à-dire dans les canalisations qui desservent les consommateurs finaux et où la pression est beaucoup plus faible.
Or «  cette particularité française est un obstacle potentiel aux échanges du gaz en Europe », note Thierry Trouvé, directeur général de GRTgaz.

Aujourd’hui, la question de l’exportation de gaz n’est pas d’actualité, compte tenu du faible appétit pour cette énergie actuellement en Europe. Mais elle pourrait le redevenir si, par exemple, dans quelques années, l’Europe souhaite réduire sa dépendance au gaz russe et importer du gaz de schiste amé­ricain sous forme de GNL (gaz naturel­ liquéfié) : le gaz arrivant par voie maritime dans les terminaux méthaniers en France ne serait ensuite pas accepté par la Belgique ou l’Allemagne s’il était odorisé par son passage dans les tuyaux français. «  En outre, la 3e directive européenne sur le gaz prévoit une harmonisation progressive des pratiques : nous devons donc nous y préparer », explique Thierry Trouvé. GRTgaz travaille donc depuis plusieurs­ années à un schéma de décentralisation de l’odorisation, consistant à laisser du gaz sans odeur circuler dans le réseau principal de gazoducs. Un chantier complexe, qui se heurte à plusieurs freins. Si la CRE (Commission de régulation de l’énergie), par principe favorable à une meilleure circulation de l’énergie, a donné son accord à ce projet, il s’agit aussi de rassurer le distributeur GrDF et l’administration, très sensibles aux questions de sécurité. « Cette préoccupation est compréhensible. Mais le système ne serait pas moins sûr : sur les gazoducs, c’est la forte pression, et non l’odeur, qui permet de détecter des fuites éventuelles  », explique-t-on à la CRE. Mais, surtout, une telle décen­tralisation sera plus coûteuse : au lieu d’une vingtaine de gros postes d’odorisation actuellement, il s’agirait d’en implanter 640 répartis sur le territoire français. GRTgaz a estimé le coût de l’opération à 240 millions d’euros dans son plan décennal 2012-2022. L’installation pilote, qui sera testée cet automne avec GRDF, aura précisément pour objet de tester la sécurité, ainsi que le coût du dispositif. Mais il s’agit d’un processus de long terme, qui pourrait prendre au total encore trois ou quatre ans.

Source:Baosem N°1090 du 12/08/2014

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