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Des centrales solaires d'une puissance de 343 MW en réalisation en Algérie

Plusieurs centrales solaires photovoltaïques d'une puissance totale de 343 mégawatts (MW) sont en cours de réalisation en Algérie, a indiqué mardi une représentante de la Société d'électricité et d'énergies renouvelables (SKTM, filiale du groupe Sonelgaz) lors d'un séminaire à Alger. Ces projets sont implantés principalement dans les wilayas des Hauts plateaux et du Sud du pays, a précisé le chef de projet engineering à la SKTM, Baya Belarbi, lors d'une rencontre organisée par la Chambre algéro-allemande de commerce et d'industrie (AHK) sur les énergies renouvelables. Ainsi, les capacités de production d'électricité dans les wilayas de Sétif, Bordj Bouarreridj, Batna, Mila, Souk Ahras, seront renforcées de 90 MW d'origine renouvelable, alors que celles de Saïda, Naama, El Bayadh, Sidi Bel Abbès bénéficieront de quatre (4) centrales d'une puissance globale de 85 MW. Une puissance de 90 MW additionnelle sera injectée, par ailleurs, aux wilayas de M'sila, Djelfa, Laghouat, Ouargla, grâce à ces nouvelles centrales, a ajouté la même responsable. Sept (7) centrales solaires totalisant une puissance de 53 MW sont également en cours de réalisation pour couvrir la boucle d'In Salah-Adrar-Timimoun. D'autres centrales seront construites dans les régions de Tindouf (9 MW), Djanet (3 MW) et Tamanrasset (13 MW).

La SKTM, qui est chargée de la mise en œuvre du programme national en la matière, prévoit aussi la construction de 19 centrales solaires totalisant une puissance de 57 MW, destinées à l'hybridation des centrales conventionnelles existantes, a encore indiqué Mme Belarbi. Cette entreprise compte, en outre, réaliser une ferme éolienne de 20 MW à Khenchla, une centrale électrique de 5 MW à Guelma et une centrale électrique à concentrateurs solaires de 20 MW à Béni Abbes (Sud-ouest du pays). Ces projets s'ajouteront à une centrale photovoltaïque pilote à Ghardaïa d'une puissance de 1,1 MW et à une ferme éolienne à Adrar d'une capacité de 10MW, inaugurées en juillet dernier.

-Que prévoit le programme national de développement des énergies renouvelables?

Le programme national de développement des énergies renouvelables prévoit l'installation d'une capacité globale de 22.000 MW dont 12.000 MW seront destinés à couvrir le marché local sur la période 2011-2030.
A l'horizon 2030, environ 30% à 40% de la production d'électricité destinée à la consommation nationale sera d'origine renouvelable. Le déploiement du programme dédié au marché national sera mené en trois étapes. La première, qui s'étale jusqu'en 2016, vise la réalisation de projets pilotes afin de tester les différentes technologies. La seconde étape, entre 2017 et 2020, sera marquée par le début du déploiement du programme, l'entrée en production des équipements et la maîtrise des coûts grâce à la production de près de 2.600 MW durant cette phase.
A partir de 2021, le programme national de développement des énergies renouvelables sera déployé à grande échelle avec l'ambition d'atteindre 12.000 MW à fin 2030. Ce plan a pour objectif principal de mettre en valeur les ressources inépuisables du pays notamment le solaire afin de diversifier les sources d'énergie. L'Algérie possède le potentiel solaire le plus important au niveau méditerranéen avec une durée moyenne d'ensoleillement qui se situe entre 2.650 heures/an et 3.500 heures/an. Quant à la ressource éolienne, elle varie d'un endroit à un autre: 21 zones ont été identifiées par la SKTM dans les régions côtières, des Hauts-Plateaux et le grand Sud, comme étant des régions à fort potentiel, pour une vitesse de vent allant de 5 à 9m/s (à 100 et 150 m d'altitude).
Concernant l'exportation des énergies renouvelables, l'Algérie envisage de réserver près de 10.000 MW à l'horizon 2030 pour satisfaire les besoins à l'extérieur du pays. Mais l'exportation "reste conditionnée par l'existence d'une garantie d'achat à long terme, de partenaires fiables et de financements extérieurs", selon les explications de Mme Belarbi. Présent à cette rencontre, le directeur général de l'Académie allemande des énergies renouvelables, Herr Berthold Breid, a estimé qu'il serait préférable que les efforts de l'Algérie soient focalisés sur le développement du marché local pour satisfaire la demande croissante de sa population. Selon lui, l'Allemagne n'envisage pas d'importer de l'énergie renouvelable, mais veut plutôt renforcer ses capacités locales de production, déplorant l'échec de l'initiative "Desertec" visant l'exportation du potentiel énergétique des déserts de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient pour approvisionner durablement l'Europe. Expliquant les raisons de cet échec, M. Breid a évoqué le manque de la volonté politique de la part de certains pays citant particulièrement l'Espagne qui jouait "un rôle très négatif".

"Les Espagnoles ont tout fait pour bloquer ce projet afin de pouvoir vendre leurs surplus en électricité et faire profiter leur propre industrie d'énergie renouvelables", a-t-il affirmé. L'expert Samir Mahfoud, représentant du bureau de consulting allemand MVV Decon, a imputé l'échec de l'initiative de Desertec à la problématique du financement de ses projets ainsi qu'à l'instabilité de pays de la rive sud de la méditerranée suite aux bouleversements politiques intervenus depuis 2011.

Source :Baosem N°1122 du 25/11/2014

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